En 2018 les enfants courront-ils encore à travers bois, rieurs, effrayés, goguenards, s’assurer que le loup n’y est pas ?

En 2018, y aura-t’il encore au détour d’un chemin de ces recoins ombragés où des amoureux se tiennent la main ?

En 2018, le rêveur solitaire pourra-t’il s’inventer des histoires de vents traversant le temps pour rafraîchir ses pensées ?

En 2018, cet homme d’affaires et cette femme affairée, pressés, sauront-ils seulement s’asseoir dans ce parc, se parler, s’écouter ?

En 2018, l’herbe sera-t’elle toujours verte et l’ombre encore fraîche pour un déjeuner sur l’herbe en famille, poulet froid et tarte aux pêches ?

En 2018, qu’en sera-t’il de ces promeneurs britanniques traçant, d’un « bench » épitaphe à l’autre, des itinéraires oniriques ?

En 2018, les vieilles personnes voudront-elles se reposer, fourbues mais sereines, au bord des fleuves et mirer leur éternité ?

En 2018, les Hommes sauront-ils enfin accueillir leurs frères sur un « bangku », un « azika », un « zaseki » de bois ou de fer ?

J’ai utilisé le mot « banc » habillé à l’anglaise (bench), à la malaise (bangku), en arabe (azika ; probablement littéraire car mon ami marocain ne l’a pas reconnu) et en japonais (zaseki, sachant qu’il existe aussi le mot koshikake). Enfin, pour le titre, il s'agit à la fois de l'espagnol et du portugais.

J’ai trouvé certains de ces mots sur le Net, en espérant qu’ils soient tous valables !